VigilanS 94

Lancé en novembre 2018 avec pour objectif la baisse de la mortalité, de la récidive et des conduites à risque, le dispositif VigilanS Val-de-Marne a été mis en place pour prévenir la récidive suicidaire, notamment en assurant un dialogue régulier avec des personnes ayant tenté de mettre fin à leurs jours.

Au moyen de contacts téléphoniques systématiques et d’envois de cartes postales pour maintenir le lien, VigilanS 94 intervient auprès des patients sortis du service d’accueil des urgences ou d’une courte hospitalisation après une tentative de suicide; les patients se voient également remettre une carte ressource de crise avec un numéro vert joignable en cas de besoin.

Adossé au SAMU 94 à l’hôpital Henri-Mondor et intégré dans le réseau national des centres VigilanS, le dispositif propose des procédures, des alertes et réponses aux situations de crises suicidaires détectées par les services d’urgences ou par les régulateurs du SAMU 94: si nécessaire, la proximité des équipes permet l’intervention rapide des urgentistes.

Témoignage

«CELA M'A SAUVÉ LA VIE», DIT CETTE HABITANTE DE CHAMPIGNY

Valérie*, 40 ans, est passée par le service des urgences psy de Mondor à Créteil fin décembre. Après son acte, cette mère de famille, inscrite dans le dispositif VigilanS rentre chez elle. Quatre jours plus tard, le désespoir la tenaille et elle craque à nouveau.

«J'ai eu une vision, la boîte de médicaments à avaler ou la carte que l'on m'avait donnée. J'ai appelé. Le psychiatre qui m'a répondu m'a conseillé de sortir de chez moi, il a été à l'écoute. Il m'a fait parler, il ne m'a pas lâchée. Cela m'a sauvé la vie.»

Mieux qu'un proche ? «C'est un professionnel. Il a les mots. Je ne me voyais pas appeler ma mère pour lui dire que je voulais me suicider. Un ami, c'est difficile, il a sa vie et puis on peut tomber dans le jugement. De toute façon, quand on a ce type d'envie, on est déconnecté de la réalité. Je n'ai même pas pensé à mes deux enfants. Quand le désespoir et la souffrance sont aussi forts, la seule solution, c'est d'en finir.»

A la suite de cet épisode, Valérie est hospitalisée dix jours. Mais à sa sortie, l'équipe de veille reste présente. «On n'est pas qu'un patient parmi tant d'autres. On m'appelle régulièrement. Cela fait du bien de savoir qu'on n'est pas seul.»

* Le prénom a été changé par souci d'anonymat.

(Le Parisien, Agnès Vives, 7 février 2019)